CE, 3 févr. 1975, Rabot, requête numéro 87355, publié au recueil






REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS


REQUETE DU SIEUR X… TENDANT A L’ANNULATION DE L’ARRETE N 440 DU GOUVERNEUR GENERAL DE LA NOUVELLE-CALEDONIE DU 22 FEVRIER 1972 RENDANT EXECUTOIRE LA DELIBERATION N 349 DES 2 ET 8 DECEMBRE 1971 PAR LAQUELLE L’ASSEMBLEE TERRITORIALE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE A MODIFIE LE TAUX DE LA TAXE GENERALE D’IMPORTATION APPLICABLE A LA BIERE, ENSEMBLE A L’ANNULATION DE LADITE DELIBERATION ET A CE QUE SOIT PRONONCE LE SURSIS A EXECUTION DES DECISIONS ATTAQUEES ; VU LA LOI N 63-1246 DU 21 DECEMBRE 1963 ; LE DECRET DU 28 JANVIER 1958 PORTANT PUBLICATION DU TRAITE INSTITUANT LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE EUROPEENNE ; L’ORDONNANCE DU 31 JUILLET 1945 ET LE DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 ;
CONSIDERANT QUE LA REQUETE DU SIEUR X… TEND A L’ANNULATION POUR EXCES DE POUVOIR DE LA DELIBERATION N 349 EN DATE DES 2 ET 8 DECEMBRE 1971 PAR LAQUELLE L’ASSEMBLEE TERRITORIALE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE ET DEPENDANCES A PORTE A 30 % LE TARIF DE LA TAXE GENERALE A L’IMPORTATION SUR LES BIERES ET DE L’ARRETE N 440 EN DATE DU 22 FEVRIER 1972 PAR LEQUEL LE GOUVERNEUR DE LA NOUVELLE-CALEDONIE ET DEPENDANCES A RENDU EXECUTOIRE LADITE DELIBERATION ; SUR LES MOYENS TIRES DU DETOURNEMENT DE POUVOIR ET DE LA VIOLATION DU PRINCIPE D’EGALITE : – CONS. QU’IL RESULTE DE L’INSTRUCTION QUE LE RELEVEMENT DES DROITS DE DOUANES DECIDE PAR L’ASSEMBLEE TERRITORIALE, A UN MONTANT QUI RESTE D’AILLEURS NETTEMENT INFERIEUR A CELUI QU’AVAIT INITIALEMENT PROPOSE LA COMMISSION DES FINANCES DE LADITE ASSEMBLEE, A EU POUR BUT D’UNE PART DE PERMETTRE LE DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE LOCALE, D’AUTRE PART DE PROCURER DES RESSOURCES AU BUDGET DU TERRITOIRE QUI ALLAIT SE TROUVER AFFECTE PAR LA REDUCTION D’AUTRES TAXES ; QUE LA CIRCONSTANCE QU’A LA DATE DE LA DELIBERATION LITIGIEUSE IL N’EXISTAIT EN NOUVELLE-CALEDONIE QU’UNE SEULE ENTREPRISE PRODUCTRICE DE BIERE, DONT LA DEMANDE SE TROUVE D’AILLEURS A L’ORIGINE DE LA MESURE PRISE, N’EST PAS SUFFISANTE A ETABLIR LE DETOURNEMENT DE POUVOIR ALLEGUE PAR LE SIEUR X… ; QUE LE REQUERANT N’EST PAS DAVANTAGE FONDE A SOUTENIR QUE LADITE MESURE AURAIT, EN IMPOSANT AUX IMPORTATEURS DE BIERE DES CHARGES QUE NE SUPPORTENT PAS LES FABRICANTS LOCAUX DE CE PRODUIT, MECONNU LE PRINCIPE DE L’EGALITE DEVANT LES CHARGES PUBLIQUES, DES LORS QUE, AU REGARD DE L’OBJECTIF POURSUIVI, CES DEUX CATEGORIES DE PROFESSIONNELS NE SE TROUVENT PAS PLACEES DANS LA MEME SITUATION ;
SUR LES MOYENS TIRES DE LA VIOLATION DU TRAITE DE ROME : – CONS. QU’AUX TERMES DE L’ ARTICLE 133 DU TRAITE DE ROME LES PAYS ET TERRITOIRES QUI ENTRETIENNENT AVEC LES PAYS ENUMERES A L’ARTICLE 131 DES RELATIONS PARTICULIERES “PEUVENT PERCEVOIR DES DROITS DE DOUANE QUI REPONDENT AUX NECESSITES DE LEUR DEVELOPPEMENT ET AUX BESOINS DE LEUR INDUSTRIALISATION OU QUI, DE CARACTERE FISCAL, ONT POUR BUT D’ALIMENTER LEUR BUDJET” ; QUE, CONFORMEMENT A L’ARTICLE 136 DU MEME TRAITE, UNE DECISION DU CONSEIL DE LA COMMUNAUTE EN DATE DU 29 SEPTEMBRE 1970, PRECISANT POUR UNE NOUVELLE PERIODE LES MODALITES D’APPLICATION DE CES DISPOSITIONS, A PREVU DANS SON ARTICLE 3, ALINEA 2 QUE “LES AUTORITES RESPONSABLES D’UN PAYS OU TERRITOIRE “PEUVENT MAINTENIR OU ETABLIR, DANS LES CONDITIONS FIXEES A L’ANNEXE II DE LA PRESENTE DECISION, DES DROITS DE DOUANE ET TAXES D’EFFET EQUIVALENT QUI REPONDENT AUX NECESSITES DU DEVELOPPEMENT DE CE PAYS OU QUI ONT POUR BUT D’ALIMENTER SON BUDGET” ; CONS. D’UNE PART QU’IL RESULTE CLAIREME10 DE CES DISPOSITIONS QU’ELLES NE FONT 10S OBSTACLE A UN RELEVEMENT DES DROITS DE DOUANE DECIDE, COMME CELA A ETE LE CA30EN L’ESPECE, POUR DES MOTIFS TENANT AU DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE LOCALE OU A L’ALIMENTATION DU BUDGET DU TERRITOIRE EN CAUSE ; CONS. D’AUTRE PART QUE, CONTRAIREMENT A CE QUE SOUTIENT LE REQUERANT, LE RELEVEMENT DU DROIT DE DOUANE A BIEN ETE EN L’ESPECE NOTIFIE A LA COMMISSION DANS LES CONDITIONS FIXEES A L’ANNEXE II DE LA DECISION DU CONSEIL SUSMENTIONNE ; SUR LES AUTRES MOYENS DE LA REQUETE ; – CONS. QUE LES MOYENS SUSMENTIONNES, ENONCES DANS LA REQUETE SOMMAIRE DU SIEUR X…, N’ONT ETE ASSORTIS D’AUCUNE PRECISION PERMETTANT D’EN APPRECIER LE BIEN-FONDE ; QU’ILS NE SAURAIENT, DES LORS, ETRE ACCUEILLIS ; REJET AVEC DEPENS .


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