Vu la requête présentée pour le sieur Laumonnier-Carriol tendant à ce qu’il plaise au Conseil annuler, pour excès de pouvoirs: — 1° un arrêté du 29 avril 1874, par lequel le préfet du département de Maine-et-Loire a déclaré illégale l’exploitation d’une fabrique d’allumettes chimiques faite par le requérant à Angers, au lieu dit le Figuier, ledit arrêté déféré par le requérant au Min. du com., le 12 mai de la même année, et qui doit être considéré comme confirmé par ledit ministre qui n’a pas statué dans le délai fixé par l’art. 7 du décret du 2 nov. 1864; 2° un arrêté du 26 sept. 1874, par lequel le même préfet a ordonné que, faute par le sieur Laumonnier-Carriol d’avoir cessé sa fabrication dans le délai de trois jours, il sera procédé à la fermeture de l’établissement par voie d’apposition de scellés, par le motif que l’administration n’ayant à autoriser les établissements classés comme dangereux, incommodes ou insalubres, que pour assurer l’exécution des mesures exigées par l’intérêt de la sécurité et de la salubrité publiques, n’avait pu se réserver le droit de supprimer un établissement régulièrement autorisé, non dans un intérêt de police dont l’existence n’était pas même alléguée, mais dans un intérêt fiscal; qu’ainsi l’expiration du délai pendant lequel il avait été autorisé à exploiter sa fabrique ne pouvait lui être opposée; que, d’ailleurs, aux termes du décret du 31 décembre 1866, les fabriques d’allumettes chimiques ne sont comprises dans la première classe, qu’autant que la fabrication a lieu avec des matières détonantes et fulminantes, ce qui ne se pratiquait pas dans son établissement ; que le droit de supprimer un établissement de première classe appartient non au préfet, mais au chef de l’Etat, le Conseil d’Etat entendu; qu’en admettant même qu’en règle ordinaire le préfet puisse ordonner, à titre provisoire, et jusqu’à ce que la situation soit régularisée, la fermeture d’un établissement de cette classe, il ne pourrait user de cette faculté, dans l’espèce, alors que la loi du 2 août 1872 faisait obstacle à ce que la fabrique pût être remise en activité et que la mesure prise par l’administration avait pour effet de rendre impossible l’exécution de cette loi aux termes de laquelle les fabriques existantes ne peuvent être fermées qu’après expropriation prononcée et indemnité payée; Vu les observations du Min. du com…. tendant au rejet du pourvoi, ensemble l’avis du comité consultatif des arts et manufactures transmis par le ministre à l’appui de ses observations. (Textes cités, motifs et solution comme dans l’arrêt précédent.)
Conseil d’Etat, 26 novembre 1875, Laumonnier-Carriol, requête numéro 48425, rec. p. 936
par Revue générale du droit | Nov 26, 1875

Décision citée par :
- Edouard Laferrière, Chapitre III – Des moyens d’annulation des actes administratifs attaqués pour excès de pouvoir
- Pascal Caille, Contentieux administratif- Chapitre introductif
- Didier Girard, Vouloir museler la presse d’opposition par la fiscalité constitue un détournement de pouvoir juridictionnellement sanctionnable
Rechercher dans le site
Derniers articles publiés
- L’interdiction d’accéder aux locaux et l’obligation de rendre les clés sont-elles des mesures d’ordre intérieur ? – Conclusions sous CE 10 décembre 2021, Mme Redjimi, n° 440458 09/06/2026
- Le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous peut-il être invoqué pour contester la légalité d’une délibération fixant le prix de l’eau ou le montant d’une redevance d’assainissement ? – Conclusion sous CE 22 octobre 2021, Mme Arnstam, n° 436256 02/06/2026
- Une collectivité qui met un équipement sportif à la disposition d’un organisateur d’événements ponctuels peut-elle invoquer la force majeure pour exonérer sa responsabilité à l’égard du club sportif utilisateur principal de l’équipement lorsque cet équipement est rendu inutilisable par l’organisateur d’un événement ? – Conclusions sous CE 4 octobre 2021, Société sportive professionnelle Olympique de Marseille, n° 440428 26/05/2026
- Le contentieux indemnitaire peut-il être lié devant le juge administratif pour des chefs de préjudice qui n’ont pas été invoqués devant l’administration ? – Conclusions sous CE 21 juin 2021, Commune de Montigny-les-Metz, n° 437744 19/05/2026
- La tempête Xynthia constituait-elle un cas de force majeure ? 12/05/2026
- La régularisation d’une autorisation de construire, intervenue à la suite d’un recours devant le juge administratif, permet-elle à ce juge de mettre les frais non compris dans les dépens à la charge de l’auteur du recours, regardé comme la partie perdante ? – Conclusion sous CE 28 mai 2021, Époux J, n° 437429 05/05/2026
- Dans quelles conditions l’installation et l’utilisation à titre précaire et temporaire d’accessoires de plage par les clients d’un établissement commercial excèdent-elles le droit d’usage qui est reconnu à tous sur la dépendance du domaine public maritime qu’est la plage? – Conclusion sous CE 12 mars 2021, SAS Société Hôtelière d’Exploitation de la Presqu’île (SHEP), n° 443392 28/04/2026
- Quelles sont les règles de retrait d’une délibération de vente d’une dépendance du domaine privé local ? – Conclusion sous CE 26 janvier 2021, SA Pigeon Entreprises, n° 433817 21/04/2026
- L’État peut-il faire appel d’un jugement annulant la décision qui a refusé un permis de construire en se conformant à l’avis négatif rendu par le préfet en application de l’article L. 422-5 du code de l’urbanisme ? – Conclusion sous CE 16 octobre 2020, M. et Mme C, n° 427620 14/04/2026
- La hausse des prix résultant d’une pratique anticoncurrentielle permet-elle à la personne publique qui l’a subie de demander une indemnisation alors même qu’elle n’a aucune relation contractuelle avec l’un des membres de l’entente ? – Conclusions sous CE, 12 octobre 2020, Société Mersen et autres, nos 432981, 433423, 433477, 433563 et 433564 07/04/2026

