About Charles-Edouard Sénac

Maître de conférences en droit public à l'Université de Picardie - Jules Verne et membre du CURAPP-ESS UMR 7319

Les limites au pouvoir de révision de la nouvelle Constitution tunisienne


Il peut paraître paradoxal de s’intéresser à la révision de la Constitution tunisienne alors que celle-ci vient d’être adoptée par l’Assemblée constituante élue à la suite de la Révolution de 2011. Pourtant, la connaissance des limites érigées par les représentants du Peuple tunisien à l’exercice du pouvoir de révision de la Constitution du 26 janvier 2014 est précieuse pour évaluer dans quelle mesure ils ont entendu protéger leur œuvre fondatrice.



Après le Maroc, la Syrie et l’Égypte, la Tunisie est le quatrième État théâtre du « Printemps arabe » à se doter d’une nouvelle Constitution. Il aura fallu plus de deux ans à l’Assemblée nationale constituante désignée le 23 octobre 2011, soit neuf mois après le soulèvement populaire et le départ du Président Ben Ali, pour donner […]


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La loi “reconnaissant” le vote blanc : l’art de prendre les électeurs pour des pions


Si la loi n° 2014-172 du 21 février 2014 est supposée reconnaître le vote blanc aux élections politiques, les innovations effectivement réalisées sont timides, voire anecdotiques. Ce texte ne prévoit ni la prise en compte des bulletins blancs dans le calcul des suffrages exprimés ni la mise à disposition de bulletins blancs dans les bureaux de vote.



La loi prudemment intitulée « loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections » a été définitivement adoptée par le Parlement le 12 février 2014 et promulguée par le Président de la République le 21 février 2014. Si l’on en croit certains parlementaires, il s’agit d’un « progrès démocratique majeur pour la République » (M. Claude Bartolone, PS), […]


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Première QPC contre une loi référendaire renvoyée au Conseil constitutionnel




Par une décision du 20 février 2014, la Chambre sociale de la Cour de cassation a renvoyé au Conseil constitutionnel la première question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur une loi référendaire. Il s’agit en l’occurrence d’une disposition de l’article 8 de loi n° 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à […]


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14 mai 2014 à Sciences Po : “La transparence : principe et limites”




LA DÉONTOLOGIE PUBLIQUE : TRAJECTOIRE ET PRÉSENCE D’UNE NOTION AMBIGUË I. La transparence : principe et limites Mercredi 14 mai 2014, de 9h30 à 18h00 Sciences Po – CERI 56, rue Jacob – Paris 7ème Salle des conférences Colloque organisé par le Centre Bentham (Ecole de droit de Sciences Po), dans le cadre du projet […]


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Le Conseil constitutionnel pose une question préjudicielle à la Cour de Luxembourg




I. La chambre criminelle de la Cour de cassation avait renvoyé au Conseil constitutionnel le 27 février 2013 (arrêt n° 1087 du 19 février 2013) une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur le quatrième alinéa de l’article 695-46 du code de procédure pénale relatif à l’exécution d’un mandat d’arrêt européen décerné par les juridictions […]

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Censure d’une validation législative relative à la rémunération pour copie privée


Le Conseil constitutionnel juge inconstitutionnel le paragraphe II de l'article 6 de la loi n 2011-1898 du 20 décembre 2011 relative à la rémunération pour copie privée et prononce son abrogation immédiate.

Le Conseil constitutionnel avait été saisi le 17 octobre 2012 par la Cour de cassation d’une QPC posée par la Société française du radiotéléphone (SFR). La question de constitutionnalité portait sur la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit du paragraphe II de l’article 6 de la loi n° 2011-1898 du 20 décembre […]

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Amende fiscale et principes de proportionnalité et d’individualisation des peines


L'amende fiscale sanctionnant le défaut de déclaration des sommes versées à des tiers ne méconnaît pas les principes de proportionnalité et d'individualisation des peines qui découlent de l'article 8 de la Déclaration de 1789.



Par la décision n° 2012-267 QPC du 20 juillet 2012, le Conseil constitutionnel a déclaré la disposition du 1 du I de l’article 1736 du code général des impôts (CGI) conforme à la Constitution. Cette disposition  est issue de la réforme des pénalités fiscales opérée par l’ordonnance n° 2005-1512 du 7 décembre 2005 relative à des mesures […]

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Traité budgétaire européen : le Président de la République saisit le Conseil constitutionnel




Le Président de la République, François Hollande, a saisi le Conseil constitutionnel le 13 juillet 2012 pour qu’il se prononce sur la conformité à la Constitution du Traité budgétaire européen, intitulé “Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire” et signé le 2 mars 2012 par son prédécesseur, […]

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Réglementation des installations classées et droit à la participation du public


Le Conseil constitutionnel censure une disposition du code de l'environnement relative à la procédure d'élaboration des règles et prescriptions techniques applicables aux installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation au motif qu'elle méconnait le droit à la participation du public garantit par l’article 7 de la Charte de l'environnement.

Par sa décision n° 2012-262 QPC du 13 juillet 2012, le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution la dernière phrase du premier alinéa de  l’article L. 512-5 du code de l’environnement. L’article L. 512-5 est relatif aux installations classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation. Dans sa rédaction résultant de l’article […]

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Le principe de laïcité comme PFRLR


Le Conseil d’État « valide » la législation spéciale relative à l’enseignement religieux obligatoire dans les lycées et collèges publics des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle. Ce régime dérogatoire n’a pas été abrogé implicitement par le principe constitutionnel de laïcité, érigé par le juge administratif en principe fondamental reconnu par les lois de la République.

Il n’est pas non plus incompatible avec les exigences de la Convention européenne des droits de l’homme en matière de protection de la liberté de conscience des élèves, dès lors que la faculté d'être dispensé d’enseignement religieux leur reste ouverte.


Un concours de recrutement est spécialement ouvert à certaines catégories de personnels non titulaires de l’Éducation nationale. Des personnels enseignants auxiliaires, dont certains dispensent l’enseignement religieux dans les lycées et collèges publics d’Alsace-Moselle, peuvent ainsi obtenir leur titularisation dans la fonction publique d’État. Le Syndicat national des enseignements du second degré conteste devant le juge […]

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- Bernard TOULEMONDE, Note sous CE, 6 avril 2001, Syndicat national des enseignements du second degré, AJDA 2002, p. 63-67 (Doctrinal, numéro de notice G01 089322).


La technique d’interprétation conforme d’un texte de loi


Le Conseil d’État effectue une interprétation constructive d’un article du code de l’action sociale et des familles. Il recourt à la technique de l’interprétation conforme pour favoriser une lecture de la disposition législative respectueuse de l’exigence constitutionnelle de protection de la santé publique tiré de l’alinéa 11 du Préambule de la Constitution de 1946, alors même que ce dernier n’est pas directement invocable devant lui.

Dorénavant, certaines dépenses en matière de protection sociale seront déduites de l’assiette de la contribution exigée d’une personne âgée hébergée dans un établissement social ou médico-social.



Une personne âgée se trouvant dans l’impossibilité de demeurer à son domicile a été accueillie dans un établissement spécialisé et prise en charge par l’aide sociale. Dans cette situation, le dispositif législatif prévoit que les ressources de cette personne sont, à l’exception des prestations sociales, affectées au remboursement des frais d’hébergement et d’entretien dans la […]

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« La somme minimale devant être laissée à la disposition des personnes âgées hébergées dans des établissements », DA 2008 n° 1, p. 32 (Doctrinal, Notice numéro G11 202267)


Régime des ordonnances non ratifiées


La procédure des ordonnances de l’article 38 de la Constitution n’autorise le Gouvernement qu’à intervenir de façon temporaire dans des matières législatives. À l’issue de la période d’habilitation, le Parlement reste seul compétent pour abroger ou modifier les dispositions d’une ordonnance non ratifiée relevant du domaine de la loi, alors même que celles-ci conservent leur forme réglementaire. Par suite, l'expiration du délai d'habilitation exclut que l’administration puisse faire droit à une demande d'abrogation de telles dispositions, quand bien même elles seraient illégales.

En vertu de l’habilitation prévue par  la loi de programme pour l’outre-mer (loi n° 2003-660, 21 juillet 2003, article 62, JO 22 juillet 2003 p. 12320), le gouvernement a adopté l’ordonnance n° 2005-56 du 26 janvier 2005, relative à l’extension et à l’adaptation du droit de santé et de la sécurité sociale dans les départements […]

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Doctrine:

- Claire LANDAIS et Frédéric LENICA, Note sous CE Ass., 11 décembre 2006, Conseil national de l’ordre des médecins, AJDA 2007, p. 133-136 (Doctrinal, numéro de notice G09 175487).


Ordonnances de l’article 38 et gouvernement titulaire de l’habilitation


En l’absence de disposition contraire prévue par la loi d’habilitation, le délai prévu à l’article 38 de la Constitution pendant lequel le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances des mesures qui relèvent en temps normal du domaine de la loi produit ses effets jusqu’au terme.

Par suite, le Conseil d’État admet qu’une ordonnance puisse être régulièrement prise par un gouvernement différent de celui qui était en fonction à la date de l’entrée en vigueur de la loi d’habilitation.


L’article 38 de la Constitution du 4 octobre 1958 permet au Gouvernement, pour l’exécution de son programme, de solliciter de la part du Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. L’habilitation législative ainsi votée par le Parlement est contrôlée par le Conseil […]

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Doctrine:

Catherine BOYER-MÉRENTIER, Note sous CE Sect., 5 mai 2006, Schmitt, RFDA 2006, p. 686-690 (Doctrinal, numéro de notice G15 171532).

- Rémi KELLER, Conclusions sur CE Sect., 5 mai 2006, Schmitt, RFDA 2006, p. 678-685 (Doctrinal, numéro de notice G15 171531).

- Claire LANDAIS et Frédéric LENICA, Note sous CE Sect., 5 mai 2006, Schmitt, AJDA 2006, p. 1362-1364 (Doctrinal, numéro de notice G09 165772).


Valeur et invocabilité de la Charte de l’environnement


Le Conseil d’État précise la portée juridique des articles 1, 2 et 6 de la Charte de l’environnement de 2004, auxquels il a été conféré une valeur constitutionnelle par la révision constitutionnelle du 1er mars 2005. Lorsque des dispositions législatives ont été prises pour assurer la mise en oeuvre des principes consacrés par ces articles, un requérant ne peut pas invoquer utilement la violation de la Charte à l’appui d’un recours pour excès de pouvoir. Dans cette hypothèse, le juge apprécie la conformité des actes administratifs par rapport à ces dispositions législatives, sous réserve qu’elles n’aient pas été implicitement abrogées par l’entrée en vigueur de la Charte de l’environnement. Pour la première fois, le Conseil d’État admet ainsi qu’une loi de révision constitutionnelle, et non forcément une nouvelle Constitution, soit dotée d’une faculté abrogative des dispositions législatives antérieures.

À l’occasion d’un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté du ministre de l’écologie et du développement durable fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire certains élevages au titre de la réglementation des installations classées, le Conseil d’État s’est prononcé sur l’applicabilité devant le juge administratif des dispositions de la Charte de l’environnement, adoptée […]

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Doctrine:

> - Laurent FONBAUSTIER, Note sous CE, 19 juin 2006, Association Eau et rivières de Bretagne, Environnement 2006, n° 12, p. 10-13 (Doctrinal, numéro de notice SS1 173976).

- Mattias GUYOMAR, Conclusions sur CE, 19 juin 2006, Association Eau et rivières de Bretagne, BJCL 2006, p. 475-478 ; BDEI 2006, n° 5, p. 41-45 (Doctrinal, numéro de notice G09 182348).

- Claire LANDAIS et Frédéric LENICA, Note sous CE, 19 juin 2006, Association Eau et rivières de Bretagne, AJDA 2006, p. 1584-1592 (Doctrinal, numéro de notice G09 167716).


Conseil constitutionnel et réserves d’interprétation “par ricochet”


Selon le Conseil État, la loi relative à l’égalité professionnelle ne fixe qu’un objectif de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans la composition des jurys de concours de la fonction publique. En aucun cas, la considération du sexe devra prévaloir sur celle des compétences, des aptitudes et des qualifications.

Ce faisant, le juge administratif interprète la loi conformément à une réserve d’interprétation « par ricochet » formulée par le Conseil constitutionnel à l’occasion du contrôle d’une disposition législative rédigée en termes identiques.

Toutefois, le Conseil d’Etat juge implicitement que l'autorité de chose jugée attachée aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif d'une déclaration de conformité d’une loi à la Constitution, et en particulier aux réserves d'interprétation, ne s'étend pas à l'interprétation d'une autre loi, même rédigée en termes analogues.



M. Lesourd, candidat malchanceux au concours interne pour le recrutement des maîtres-assistants des écoles d’architecture, demande au Conseil d’État l’annulation des résultats du concours. Il invoque notamment la non conformité de la composition du jury aux règles régissant l’organisation des concours de la fonction publique. Il est prévu à l’article 20 bis de la loi n° […]

Charles-Edouard Sénac

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Doctrine:

- Julien BOUCHER et Béatrice Bourgeois-Machureau, Note sous CE Sect., 22 juin 2007, Lesourd, AJDA 2007, p. 2130-2134 (Doctrinal, numéro de notice G09 197866).

- Paul CASSIA, Note sous CE Sect., 22 juin 2007, Lesourd, JCP A 2007, n° 41, p. 35-39 (Doctrinal, numéro de notice G11 194046).

- Fabrice MELLERAY, Note sous CE Sect., 22 juin 2007, Lesourd, Dr. adm. 2007, n° 10, p. 30-32 (Doctrinal, numéro de notice G11 195829).